Le capital ne fuit pas encore l’Amérique, mais il exige désormais une prime

Les capitaux étrangers commencent-ils à se détourner des États-Unis? Pas encore. Mais plusieurs signaux montrent que l’Amérique doit désormais payer plus cher pour conserver la confiance des investisseurs. Les investissements directs allemands aux États-Unis ont chuté de près des deux tiers au premier semestre 2026, tandis que le rendement du Treasury à 10 ans a franchi 5%. En parallèle, certaines banques centrales européennes réorganisent leurs réserves d’or pour gagner en diversification et en flexibilité.
Pourtant, le dollar reste dominant et les actions américaines continuent d’attirer massivement les investisseurs internationaux. Le véritable changement est donc plus subtil : les États-Unis restent incontournables, mais ils ne bénéficient plus aussi automatiquement de leur « prime de confiance ». Le capital mondial devient plus sélectif, exige davantage de rendement et compare plus activement les alternatives. Pour Washington, le risque n’est pas une fuite brutale des capitaux, mais une érosion progressive de son privilège financier.
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